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C’est à quatre heures du matin que nous descendons du train à Turkistan. Il faut jouer des coudes pour descendre du convoi, tant les vendeurs voulant y grimper sont en nombre. Malgré l’heure, il règne une certaine effervescence. Nous essayons d’acheter les billets pour Alma-Ata, mais il n’est pas possible de les régler en dollars US. Il faut aller en ville, distante de cinq kilomètres, retirer des tenges, mais le chauffeur de taxi ne veut pas, lui aussi, entendre parler de la monnaie américaine. Ce dernier réveille un vendeur en gare qui veut bien faire le change, mais pour un minimum de 100 $… Nous n’avons une telle somme en poche. On tourne en rond sans trouver de solution. Finalement, le chauffeur accepte et nous conduit à l’hôtel. A la réception, on nous apprend que ni les dollars ni les cartes bleues ne sont valables ! C’est à s’arracher les cheveux…
Il fait nuit noire et relativement froid, il est hors de question de dormir dehors. Nous insistons auprès de la fille qui acceptera au bout du compte de nous donner une clé tout en gardant en caution nos passeports et 80 $. Ouf !
La première mission de la matinée sera d’obtenir de la monnaie nationale. Mais la galère ne s’arrête pas encore là, puisque l’unique distributeur de la ville est, bien évidemment, en panne ! Il faut dont faire l’opération manuellement. La guichetière ne veut pas de notre coupure de 100 €, sous prétexte qu’elle est déchirée sur un centimètre environ. Il faut à nouveau insister lourdement pour qu’elle l’accepte. Les tenges en main, nous pouvons retourner à l’hôtel régler notre dû et déjeuner. Nous retournons à la gare, mais les billets édités dans la nuit et normalement mis de côté ont disparu. Qu’à cela ne tienne, on nous en refait et nous payons. Ca y est ! Tout est rentré dans l’ordre. Je déambule sur les quais tandis que Christopher repart sur l’hôtel et le mausolée. Je m’imprègne de l’ambiance que dégage toute cette vie en gare, au gré du passage des trains, des adieux et des retrouvailles, du commerce de tout et n’importe quoi. L’odeur des chachliks est omniprésente quant les barbecues sont rallumés à l’arrivée d’un convoi. Chiens et corbeaux traînent à l’affût de la moindre miette ou morceau. Les cheminots, tout en jouant aux cartes, dans une position qui paraît inconfortable, assis sur leurs mollets, attendent le passage d’un autre train. Le n° 8 est d’ailleurs annoncé. C’est le Moscou – Alma-Ata. Yves et Eric, nos deux autres compagnons de voyage, sont au rendez-vous dans la voiture 9. Tout s’est bien déroulé pour eux aussi. Nous les retrouvons demain dans l’ancienne capitale kazakh.
Nous cassons la croûte sur les quais avant de nous rendre sur le pont-rail au nord de la gare. D’ici, nous pourrons faire quelques photos. Malheureusement, le convoi que nous attendions, le Moscou – Bichkek arrivera en retard. Nous le verrons arriver assis dans un minibus nous ramenant à l’hôtel. Rageant !
Je fais quelques photos du mausolée et après une rapide douche, il faut revenir vers la gare. A 16h37, nous prenons le n° 14 Aktobe - Alma-Ata. Nous avons de la chance de trouver deux places dans un des kupe.
Rolan parle quelques mots de la langue de Molière et étudie le tourisme à l’école. Je lui offre mon phrasebook français-russe. Plus tard, un autre kazakh rejoint notre compartiment. La discussion est lancée sur les acteurs, footballeurs, présidents de l’hexagone, mais aussi sur l’opium et ses prix ! Aurions-nous à faire à un trafiquant ?
Le jour baisse petit à petit sur les plaines désertiques, offrant une belle féerie de lumière. Durant la nuit, le train pénétrera en territoire kirghize, sur une quarantaine de kilomètres environ.
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Turkestan |
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