Réveil et départ matinal. Notre train, pour
rallier la frontière gréco-turque part à 08 h 30
de la gare de Sirkeci. Le train, tiré par une machine ex ŽBH,
la E 52504 comporte sept voitures. Toutes sont à destination
d’Uzunköprü, seules les deux de tête tirent 11
kilomètres plus loin jusqu’à Pythion (GR). Lors du
passage du contrôleur, celui-ci nous indique que le billet que
nous avons en notre possession ne nous autorise pas à aller en
Grèce. Pourtant, notre billet va jusqu’à la
dernière gare turque. Je fais mine de ne rien comprendre, mais
lui ne l’entend pas de cette oreille. Il nous demande de quitter la
voiture « internationale », ce que nous faisons.
Il m’interpelle à nouveau et me dit que si nous voulons passer
la frontière avec un billet jusqu’à Pythion, nous
devons payer 231 millions de LIT soit 150 € ! Je lui
réponds qu’il est hors de question de payer cette somme et que
nous descendrons à Uzunköprü. La tension monte…
En gare d’Alpullu, la DE 11 057 se substitue à notre
électrique. La ligne pour la Grèce se sépare de
l’artère principale pour la Bulgarie à une vingtaine de
kilomètres de là, en gare de Pehlivanköy. De cette
dernière station, la ligne se détache et fonce plein
ouest en direction d’Uzunköprü. Cette ville est atteinte
une vingtaine de minutes après. Dans cette gare, nous essayons
d’acheter les billets pour Pythion, et nous y arrivons sans trop de
problèmes pour seulement 6 millions de LIT… La rame se scinde
en deux parties. Nous remettons nos passeports aux autorités
turques. Une fois le tampon de sortie apposé, les policiers
nous remettent les passeports dans le train. Des sacs postaux pour la
Grèce sont jetés dans le trains. Les quelques voyageurs
(une quinzaine environ) ayant le courage d’effectuer le trajet en
train İstanbul – Athènes en train sont allemands,
britanniques et même brésiliens ; nous sommes les
deux seuls français. A noter qu’entre la Turquie et la
Grèce, il n’existe qu’un seul aller-retour par jour ! Le
grand « express international » avec ses deux
voitures repart, et au bout d’une dizaine de kilomètres, nous
enjambons plusieurs ponts métalliques sur des marécages
avant de franchir l’Evros proprement dit. C’est cette rivière
qui marque la frontière entre les deux pays depuis 1922. Ce
dernier ouvrage est donc très lourdement surveillé par
des militaires armes en bandoulière, de part et d’autre. Sur
le tablier, la limite entre les deux pays est
matérialisée par les drapeaux respectifs peints sur les
montants du pont-cage. Interdiction formelle de photographier les
installations !
Juste après le passage de l’Evros, nous rencontrons les
premiers signaux (des sémaphores mécaniques identiques
à l’Allemagne). Nous arrivons en gare de Pythion. Les drapeaux
grec et européen flottent sur la petite gare-frontière
en bois. Les passeports sont collectés par la police. Il
règne une ambiance assez irréelle, des chiens
déambulent, les voyageurs sont livrés à
eux-mêmes en attendant les formalités douanières.
Un petit buffet vend chips, sodas, bières… Les cheminots
turques et grecs discutent ensemble et changent de la monnaie. La
rame turque restera environ deux heures avant de repartir vers son
pays d’origine. Le village de Pythion est constitué de cette
petite gare et de quelques maisons autour d’une unique rue. Nous n’y
verrons aucune voiture passer en l’espace de deux heures.
Notre train pour Alexandropoulis (en provenance de Dikéa)
arrive à l’heure. C’est un automoteur diesel à cinq
caisses série 650 de construction allemande. Avant
d’accéder à cet express, vous devez acquérir un
supplément de 3.80 €. La ligne part en direction du sud en
longeant l’Avros, l’occasion de jeter un dernier coup d’œil sur la
Turquie. La voie traverse des champs de coton. Le train arrive en
gare d’Alexandropoulis, où se trouve la bifurcation de la
courte antenne pour Alexandropoulis port, gare plus proche du
centre-ville. L’automoteur termine son service dans cette petite
station, constituée de deux voies avec un quai central. Nous
essayons d’obtenir des réservation pour Athènes, mais
le chef de service nous indique que le train est complet depuis deux
jours. Las, nous n’avons pas le choix, nous devons absolument arriver
dans la capitale grecque dans la matinée. Nous mangeons
rapidement un petit restaurant et ensuite, nous essayons quand
même de monter dans l’IC. Nous devrons nous acquitter
auprès du contrôleur d’un supplément
réservation de 53,50 €. La nuit sera alternée entre les
changements de places, vu que nos réservations étaient
virtuelles. Finalement, je me décide de finir la nuit à
une table de la voiture-bar (ouverte toute la nuit).
-
Arrivée
Départ
Train n°
Km
Istambul Sirkeci
-
8 h 30
81712
258
Uzunköprü
13 h 28
14 h 10
82902
11
Pythion (ΠΥΘΙΟΝ)
14 h 36
16 h 58
IC91
111
Alexandrúpoli
(Αλεξανδρούπολη)
18 h 33
20 h 43
IC 75
946
Istambul Sirkeci, le train 81712 est prêt au
départ - 09/2003 - Photo G. MOSER.
Les E52500 sont des anciennes 1143 des ŽBH, qui sont
louées par la Bosnie-Herzégovine aux TCDD,
aprés avoir reçu une rénovation dans les
ateliers croates de Končar - 09/2003 - Photo C. HESPEL.
La DE11057 se substitue à la E52504 en gare d'Alpullu,
le reste de la ligne pour la Grèce n'étant pas
électrifiée - 09/2003 - Photo C. HESPEL.
Le train pour Istanbul part de Pythion, c'est l'unique
relation de la journée pour la Turquie ! - 09/2003 - Photo
C. HESPEL.
Entrée en gare de Pythion de l'IC 91 pour Thessaloniki.
- 09/2003 - Photo C. HESPEL.