Journée du 28 septembre...


Réveil et départ matinal. Notre train, pour rallier la frontière gréco-turque part à 08 h 30 de la gare de Sirkeci. Le train, tiré par une machine ex ŽBH, la E 52504 comporte sept voitures. Toutes sont à destination d’Uzunköprü, seules les deux de tête tirent 11 kilomètres plus loin jusqu’à Pythion (GR). Lors du passage du contrôleur, celui-ci nous indique que le billet que nous avons en notre possession ne nous autorise pas à aller en Grèce. Pourtant, notre billet va jusqu’à la dernière gare turque. Je fais mine de ne rien comprendre, mais lui ne l’entend pas de cette oreille. Il nous demande de quitter la voiture « internationale », ce que nous faisons. Il m’interpelle à nouveau et me dit que si nous voulons passer la frontière avec un billet jusqu’à Pythion, nous devons payer 231 millions de LIT soit 150 € ! Je lui réponds qu’il est hors de question de payer cette somme et que nous descendrons à Uzunköprü. La tension monte…
En gare d’Alpullu, la DE 11 057 se substitue à notre électrique. La ligne pour la Grèce se sépare de l’artère principale pour la Bulgarie à une vingtaine de kilomètres de là, en gare de Pehlivanköy. De cette dernière station, la ligne se détache et fonce plein ouest en direction d’Uzunköprü. Cette ville est atteinte une vingtaine de minutes après. Dans cette gare, nous essayons d’acheter les billets pour Pythion, et nous y arrivons sans trop de problèmes pour seulement 6 millions de LIT… La rame se scinde en deux parties. Nous remettons nos passeports aux autorités turques. Une fois le tampon de sortie apposé, les policiers nous remettent les passeports dans le train. Des sacs postaux pour la Grèce sont jetés dans le trains. Les quelques voyageurs (une quinzaine environ) ayant le courage d’effectuer le trajet en train İstanbul – Athènes en train sont allemands, britanniques et même brésiliens ; nous sommes les deux seuls français. A noter qu’entre la Turquie et la Grèce, il n’existe qu’un seul aller-retour par jour ! Le grand « express international » avec ses deux voitures repart, et au bout d’une dizaine de kilomètres, nous enjambons plusieurs ponts métalliques sur des marécages avant de franchir l’Evros proprement dit. C’est cette rivière qui marque la frontière entre les deux pays depuis 1922. Ce dernier ouvrage est donc très lourdement surveillé par des militaires armes en bandoulière, de part et d’autre. Sur le tablier, la limite entre les deux pays est matérialisée par les drapeaux respectifs peints sur les montants du pont-cage. Interdiction formelle de photographier les installations !
Juste après le passage de l’Evros, nous rencontrons les premiers signaux (des sémaphores mécaniques identiques à l’Allemagne). Nous arrivons en gare de Pythion. Les drapeaux grec et européen flottent sur la petite gare-frontière en bois. Les passeports sont collectés par la police. Il règne une ambiance assez irréelle, des chiens déambulent, les voyageurs sont livrés à eux-mêmes en attendant les formalités douanières. Un petit buffet vend chips, sodas, bières… Les cheminots turques et grecs discutent ensemble et changent de la monnaie. La rame turque restera environ deux heures avant de repartir vers son pays d’origine. Le village de Pythion est constitué de cette petite gare et de quelques maisons autour d’une unique rue. Nous n’y verrons aucune voiture passer en l’espace de deux heures.
Notre train pour Alexandropoulis (en provenance de Dikéa) arrive à l’heure. C’est un automoteur diesel à cinq caisses série 650 de construction allemande. Avant d’accéder à cet express, vous devez acquérir un supplément de 3.80 €. La ligne part en direction du sud en longeant l’Avros, l’occasion de jeter un dernier coup d’œil sur la Turquie. La voie traverse des champs de coton. Le train arrive en gare d’Alexandropoulis, où se trouve la bifurcation de la courte antenne pour Alexandropoulis port, gare plus proche du centre-ville. L’automoteur termine son service dans cette petite station, constituée de deux voies avec un quai central. Nous essayons d’obtenir des réservation pour Athènes, mais le chef de service nous indique que le train est complet depuis deux jours. Las, nous n’avons pas le choix, nous devons absolument arriver dans la capitale grecque dans la matinée. Nous mangeons rapidement un petit restaurant et ensuite, nous essayons quand même de monter dans l’IC. Nous devrons nous acquitter auprès du contrôleur d’un supplément réservation de 53,50 €. La nuit sera alternée entre les changements de places, vu que nos réservations étaient virtuelles. Finalement, je me décide de finir la nuit à une table de la voiture-bar (ouverte toute la nuit).

 

-

Arrivée

Départ

Train n°

Km

Istambul Sirkeci

-

8 h 30

81712

258

Uzunköprü

13 h 28

14 h 10

82902

11

Pythion (ΠΥΘΙΟΝ)

14 h 36

16 h 58

IC91

111

Alexandrúpoli (Αλεξανδρούπολη)

18 h 33

20 h 43

IC 75

946






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