Journée du 24 septembre...
Les
Carpates seront traversées durant la nuit. Nous nous
réveillons dans la région de Craiova. Le paysage est
assez monotone, constitué de plaines cultivées,
l’occasion de voir roulottes et paysans œuvrer. La
mécanisation de l’agriculture est assez faible, et l’emploi
d’animaux n’est pas rare. Ici au moins, on mange bio !
Après le passage de l’Olt, le brouillard tombe sur les
plaines. Notre train roule relativement vite, la ligne est en bon
état. 50 km avant Bucureşti (Bucarest), aux alentours de
Videle, notre train traverse des étendues où sont
implantés un grand nombre de petits puits de pétrole
avec leurs systèmes de pompage par balancier.
Tous les arrêts de longue durée (frontière,
échange locomotive, etc.) sont mis à profit par les
agents des gares pour donner un « coup » sur le
bandage des roues à l’aide d’un marteau au long manche. Cette
pratique se rencontre dans tous les pays de l’ancien bloc
communiste.
Nous arrivons dans la capitale roumaine et la composition est
à nouveau remaniée. La voiture couchette MÁV
pour İstanbul reste en gare et sera acheminée par le 499
Bosphore. En
gare, deux autorails Siemens
« Désiro ». A nos côtés, l’IC
Mihai Eminescu
en provenance de Suceava ; ses voitures aux belles couleurs
rouge et grise ont été livrées par
Alsthom à
partir de 2000. Enfin, la locomotive diesel 82-0562 en tête de
notre train, bien que construite en 1976, a été
modernisée par Alstom en 2002 comme l’atteste
une plaque. La porte de la cabine ouverte permet d’y jeter un coup
d’œil. Elle a subit un sérieux lifting et l’informatique a
fait son apparition sur le pupitre. Les BB 67400 ou CC 72000 font
bien pâle impression à côté. Le vent de la
modernité soufflerait-il enfin sur les chemins de fer
roumains ?
Le Transbalkan
repart pile à l’heure (12 h 05). Pour nous, c’est l’heure de
l’apéro… Dès que nous quittons les faubourgs de
Bucureşti, la caténaire disparaît, mais nous
restons à double voie. Nous nous dirigeons plein sud dans un
paysage de plaines. Après Vidra et son grand complexe
industriel, la ligne passe à voie unique et la vitesse devient
plus modeste. La deuxième voie est en cours de
réinstallation sur certaines sections. Les premiers clochers
à bulbe avec leurs croix orthodoxes apparaissent. L’âme
slave est de retour après cette parenthèse latine.
A l’arrivée à Giurgia Nord, modeste gare de
frontière, les passeports sont récupérés
par les autorités roumaines. Sur une autre voie, une
locomotive diesel 07 des BDŽ (БДЖ) fait
l’ « impasse » d’une courte rame de deux
voitures. Ce diesel est similaire aux 232 de la DB (faussement
surnommés tambours de la
taïga ) ; ils sont tous de
construction soviétique. Pendant l’attente, nous donnons
à manger aux chiens errants de cette gare à coup de
boites
de pâté de campagne. Les manœuvres se succèdent,
mais pas moyen de faire des photos d’après les policiers.
Un autre 07 se met en tête de notre rame et nous repartons.
Nous franchissons le Danube par un impressionnant pont mixte rail et
route. Sur ce viaduc, le tablier supérieur est routier, le
tablier inférieur est ferroviaire. Les deux partent pourtant
du même niveau, mais une rampe permet à la route de se
hisser au-dessus du pont cage. Quatre monuments comportant des
colonnes encadrent les deux côtés de la voie et du
Danube. C’est vraiment un très bel ouvrage sur lequel ont lieu
des travaux de rénovation en partie financés par
l’Union européenne.
La rive bulgare est très industrialisée, et la
pollution très importante. La voie retrouve la
caténaire, et de nombreux embranchements industriels ou
portuaires s’y raccordent. Lors du passage de notre convoi, deux
petits jets projettent un liquide dirigé sur la partie
inférieure du train. Sommes nous contaminés ?
Nous arrivons en gare de Русе (Russé),
ville de 200 000 hab. Nouveau contrôle des douaniers. La
diesel 07 doit laisser sa place à l’électrique 45-197
qui nous accompagnera jusqu’à Sofia
(София).
Les premiers kilomètres en Bulgarie se font au moyen d’un
trajet sinueux à travers les collines. Les champs
cultivés sont ici beaucoup plus grands qu’en Roumanie. Alors
que dans cette dernière ils sont constitués de maigres
bandes de terrain, ici le remembrement laisse de grandes surfaces
à cultiver. La mécanisation est là aussi bien
plus avancée. Sur toutes les petites gares que nous
desservons, les inscriptions (chef de gare, salle d’attente, etc.)
sur les plaques en émail sont en bulgare (en cyrillique) et …
en français ! Pourquoi ? La réponse nous
viendra plus tard : à l’époque du socialisme,
l’apprentissage d’une langue étrangère était
obligatoire à l’école et vu que le russe ressemblait
beaucoup au bulgare, c’est le français qui avait
été choisi au détriment de l’anglais,
of course. Le
soleil commence à baisser laissant sur les campagnes de belles
couleurs. En gare de Levski
(Левски), nous voyons un MV
composé d’une 07, de deux voitures et de deux tombereaux
donnant correspondance pour Trojan
(Троиан).
Nous arrivons à Sofia (София)
avec 15 minutes de retard dues à la section à voie
unique et à un croisement. Nous sommes dans la plus haute
capitale d’Europe à 550 m d’altitude, au pied du mont Vitocha
qui culmine à 2 290 m. Le trajet pour l’hôtel nous
demande ¼ d’heure à pied à travers les rues et
avenues de la capitale bulgare, l’occasion de commencer sa
découverte. Nous passons la nuit à l’hôtel
Tsar.
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Arrivée
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Départ
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Train n°
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Km
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Sofia (София)
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22 h 20
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- Arrêt au petit matin, en gare de Craiova, du train 461
Transbalkan Budapest/Thessaloniki - 09/2003 - Photo C.
HESPEL.
- Arrivée en gare de Bucureşti de notre train
assuré par la 40-0692 en nouvelle livrée - 09/2003 -
Photo C. HESPEL.
- C'est avec une locomotive thermique de série 82, issue
de la modernisation des machines de la série 80, qui
assurera la traction du Transbalkan jusqu'à la
dernière gare roumaine avant la frontière bulgare,
Giurgia Nord - 09/2003 - Photo C. HESPEL.
- Plus que quelques mètres, et nous allons franchir
l'imposant pont sur le Danube qui marque la frontière entre
la Roumanie et la Bulgarie - 09/2003 - Photo G. MOSER.
- Notre train attend le départ en gare de Roussé
(Русе) qui sera
mené par la 45-197 jusqu'à Sofia
(София) - 09/2003 - Photo C. HESPEL.
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