Journée du 02 octobre...


Levé à 07 h 00. La gare est à deux pas. Le train Olympus n° 410 part à 08 h 04 pour Skopje (Скопје), Beograd (Београд), Zagreb et Ljubljana. Derrière le diesel A 477 (bien que la ligne soit électrifiée jusqu’à la frontière avec l’ex Yougoslavie), une voiture couchette des MŽ et deux voitures SŽ (2e classe et mixte 1e et 2e). On entend des discutions aux accents slaves. Le train est moyennement rempli. Départ à l’heure.
Très rapidement, la douane grecque récupère nos passeports, le train n’ayant pas d’arrêt jusqu’à la frontière. A une vingtaine de kilomètres du point de départ, notre train doit refouler sur un raccordement pour (re) prendre la ligne de Skopje, la branche directe étant en travaux. Ce sera l’occasion de voir le passage d’un train de marchandise tiré par deux 220 sur le nouveau tracé pour Athènes qui passe à proximité. Tous les trains de fret sont ici équipés d’un fourgon de queue avec agent d’accompagnement. En gare de Gefyra, nous croisons derrière un diesel 07 bulgare la rame ŽS du train de nuit en provenance de Beograd (trois voitures places assises orange et une voiture-lit). Le parcours se poursuit à voie unique. La ligne est en travaux, on y installe de très longs évitements. A partir de Polykastron, le tracé devient plus sinueux, les premières collines sont rencontrées. Nous arrivons en gare frontière d’Idomeni (GR). Une bonne activité y règne. Sur les voies contiguës, une 07 des BDŽ en attente et une nouvelle rame de la série GTW 2/6. Cette rame sortant d’usine et en attente de livraison est encadrée par deux wagons de raccord des CFF. Au sujet des 07 bulgares, elles sont louées par les OSE aux BDŽ ce qui explique qu’on en voit un peu partout dans le nord de la Grèce. Sur une voie du faisceau, un train de militaires français (avec P4 et TRM 2000) de la KFOR revenant du Kosovo. Tous les véhicules ont leurs pare-brise protégés par des planches en contre-plaqué pour éviter les « caillassages ». La rame est composée de wagons plats des MŽ. Une locomotive électrique des OSE H563 est mise en tête de l’
Olympus alors que le trajet jusqu’à la gare frontière côté Macédoine n’excède pas trois kilomètres.
Après avoir franchis une rivière asséchée (servant de dépotoir), nous arrivons à Gevgelija (Гевг 77;лија) en Macédoine (la dénomination officielle est « ex République yougoslave de Macédoine »). La gare est plus importante ici que du côté grec. Le faisceau est bien rempli par des wagons de nombreuses administrations européennes (ŽSR, ÖBB, ČD, MÁV, etc.). Notre locomotive est donc substituée à la 442-002 des MŽ. C’est le même type de locomotive "monophasé" que l’on retrouve dans toutes les anciennes républiques yougoslaves à l’exception de la Slovénie qui utilise exclusivement le 3000 V continu. Contrôle et tampon sur le passeport. Le train repart…
Le premier visage de la Macédoine est un fond de vallée large avec vignes, oliviers et de nombreuses cultures de choux. La ligne est à voie unique. Les premières couleurs d’automne arrivent tachetant les forêts et les vignes de couleurs chaudes. La vallée du Taor devient de plus en plus encaissée. La route principale du pays qui longe la voie ferrée, l’E 75 (Gdansk – Budapest – Beograd – Athènes) est en cours de mise à 2 x 2 voies, travaux financés en partie par l’U.E. La vallée finit par s’élargir pour laisser place à un paysage assez aride de petites collines. Enfin, nous arrivons à Skopje (Скопје), la capitale de ce petit pays, où les églises orthodoxes se mêlent aux minarets des mosquées, une ville à l’architecture récente car en très grande partie reconstruite après le séisme de 1963. La gare n’échappa pas non plus
à cette « vague ». C’est une installation moderne avec six voies à quai, une extension est même possible pour trois voies supplémentaires. L’arrêt de vingt minutes permet de faire une photo du train malgré le contre-jour et de visiter le bâtiment qui rappelle toutes ces gares construites dans les années 60/70 en « Europe de l’Est ». Nous partageons maintenant
le compartiment avec quatre macédoniennes de trois générations différentes. Elles nous feront goûter leurs mets, mais en échange, pas moyen de leur faire goûter notre pastis national ou quelques chips ! L’
Olympus poursuit sa route et c’est déjà la frontière avec la Serbie – Monténégro Nous aurons donc traversé la Macédoine du sud au nord sur 250 km pour seulement 4,40 € (avec 50% de réduction). Côté Macédoine, le bâtiment voyageur de Tabanovci (Табановси) comme les installations - trois voies – est modeste. Notre 442-002 est écartée au profit d’une autre du même type, la 441-532 des JŽ. Contrôle des passeports, changement de locomotive, petit parcours, arrêt de l’« autre côté », nouveau contrôle. C’est toujours le même manège à chaque frontière dans cette partie de l’Europe. Pour nous, tout cela parait bien loin avec le Thalys ou l’Eurostar
Les premiers kilomètres sont avalés en Serbie. Le paysage devient de plus en vert à mesure que nous montons vers le nord. Les tresses de piments sèchent aux balcons ou sur les façades. Nous arrivons à Niš (Ниш), troisième ville du pays avec 175 000 hab. centre d’un important complexe ferroviaire. La 441-532 laisse sa place à la 514. Le tracé est à double voie sur une cinquantaine de kilomètres avant de repasser à voie unique en longeant la Morova. La vitesse est assez réduite comme sur l’ensemble de l'ancien réseau des JŽ. A partir de Stalać (Сталаћ), la ligne retrouve sa deuxième voie. A Plana (Плана), la ligne se divise en deux. Nous empruntons l’itinéraire nord comme tous les trains se dirigeant vers Beograd, les autres passant à une vingtaine de kilomètres au sud. Les premières gares de banlieue sont passées et déjà les boulevards avec les voies des tramways apparaissent. Nous arrivons dans la capitale serbe avec vingt minutes de retard. Le train 613
Lovćen que nous aurions dû prendre pour Bar (Бар) ne roule pas (ou plus). Le suivant, le 841 Panonija Subotica – Bar passe par la gare de Novi Beograd située dans un quartier moderne de l’autre côté de la Sava. Nous nous y rendons en taxi dont le chauffeur ne parle qu’en euro (la course nous coûtera 7 €). Nous pouvons observer le manège des rames de banlieue que l’ont peut assimiler à un R.E.R. Le train arrive pratiquement à l’heure. Nous nous installons dans la voiture-lit T3, il nous en coûtera 10 € chacun sans que l’on ait le moindre reçu. La nuit se passe…

 

-

Arrivée

Départ

Train n°

Train dénommé

Km

Thessaloniki (Θεσσαλουίκη)

-

8 h 02

410

OLYMPUS

630

Beograd / Novi Beograd

20 h 56

22 h 53

841

PANONIJA

468






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