Levé à 07 h 00. La gare est à deux pas.
Le train Olympus
n° 410 part à 08 h 04 pour Skopje
(Скопје), Beograd
(Београд), Zagreb et
Ljubljana. Derrière le diesel A 477 (bien que la ligne soit
électrifiée jusqu’à la frontière avec
l’ex Yougoslavie), une voiture couchette des MŽ et deux voitures SŽ
(2e classe
et mixte 1e
et 2e). On
entend des discutions aux accents slaves. Le train est moyennement
rempli. Départ à l’heure.
Très rapidement, la douane grecque récupère nos
passeports, le train n’ayant pas d’arrêt jusqu’à la
frontière. A une vingtaine de kilomètres du point de
départ, notre train doit refouler sur un raccordement pour
(re) prendre la ligne de Skopje, la branche directe étant en
travaux. Ce sera l’occasion de voir le passage d’un train de
marchandise tiré par deux 220 sur le nouveau tracé pour
Athènes qui passe à proximité. Tous les trains
de fret sont ici équipés d’un fourgon de queue avec
agent d’accompagnement. En gare de Gefyra, nous croisons
derrière un diesel 07 bulgare la rame ŽS du train de nuit en
provenance de Beograd (trois voitures places assises orange et une
voiture-lit). Le parcours se poursuit à voie unique. La ligne
est en travaux, on y installe de très longs évitements.
A partir de Polykastron, le tracé devient plus sinueux, les
premières collines sont rencontrées. Nous arrivons en
gare frontière d’Idomeni (GR). Une bonne activité y
règne. Sur les voies contiguës, une 07 des BDŽ en attente
et une nouvelle rame de la série GTW 2/6. Cette rame sortant
d’usine et en attente de livraison est encadrée par deux
wagons de raccord des CFF. Au sujet des 07 bulgares, elles sont
louées par les OSE aux BDŽ ce qui explique qu’on en voit un
peu partout dans le nord de la Grèce. Sur une voie du
faisceau, un train de militaires français (avec P4 et TRM
2000) de la KFOR revenant du Kosovo. Tous les véhicules ont
leurs pare-brise protégés par des planches en
contre-plaqué pour éviter les
« caillassages ». La rame est composée de
wagons plats des MŽ. Une locomotive électrique des OSE H563
est mise en tête de l’Olympus alors que le trajet
jusqu’à la gare frontière côté
Macédoine n’excède pas trois kilomètres.
Après avoir franchis une rivière asséchée
(servant de dépotoir), nous arrivons à Gevgelija
(Гевг
77;лија) en
Macédoine (la dénomination officielle est
« ex République yougoslave de
Macédoine »). La gare est plus importante ici que du
côté grec. Le faisceau est bien rempli par des wagons de
nombreuses administrations européennes (ŽSR, ÖBB,
ČD, MÁV, etc.). Notre locomotive est donc
substituée à la 442-002 des MŽ. C’est le même
type de locomotive "monophasé" que l’on retrouve dans toutes
les anciennes républiques yougoslaves à l’exception de
la Slovénie qui utilise exclusivement le 3000 V continu.
Contrôle et tampon sur le passeport. Le train repart…
Le premier visage de la Macédoine est un fond de vallée
large avec vignes, oliviers et de nombreuses cultures de choux. La
ligne est à voie unique. Les premières couleurs
d’automne arrivent tachetant les forêts et les vignes de
couleurs chaudes. La vallée du Taor devient de plus en plus
encaissée. La route principale du pays qui longe la voie
ferrée, l’E 75 (Gdansk – Budapest – Beograd – Athènes)
est en cours de mise à 2 x 2 voies, travaux financés en
partie par l’U.E. La vallée finit par s’élargir pour
laisser place à un paysage assez aride de petites collines.
Enfin, nous arrivons à Skopje
(Скопје), la capitale de ce petit
pays, où les églises orthodoxes se mêlent aux
minarets des mosquées, une ville à l’architecture
récente car en très grande partie reconstruite
après le séisme de 1963. La gare n’échappa pas
non plus
à cette « vague ». C’est une installation
moderne avec six voies à quai, une extension est même
possible pour trois voies supplémentaires. L’arrêt de
vingt minutes permet de faire une photo du train malgré le
contre-jour et de visiter le bâtiment qui rappelle toutes ces
gares construites dans les années 60/70 en « Europe
de l’Est ». Nous partageons maintenant
le compartiment avec quatre macédoniennes de trois
générations différentes. Elles nous feront
goûter leurs mets, mais en échange, pas moyen de leur
faire goûter notre pastis national ou quelques chips !
L’Olympus
poursuit sa route et c’est déjà la
frontière avec la Serbie – Monténégro Nous
aurons donc traversé la Macédoine du sud au nord sur
250 km pour seulement 4,40 € (avec 50% de réduction).
Côté Macédoine, le bâtiment voyageur de
Tabanovci
(Табановси)
comme les installations - trois voies – est modeste. Notre 442-002
est écartée au profit d’une autre du même type,
la 441-532 des JŽ. Contrôle des passeports, changement de
locomotive, petit parcours, arrêt de l’« autre
côté », nouveau contrôle. C’est toujours
le même manège à chaque frontière dans
cette partie de l’Europe. Pour nous, tout cela parait bien loin avec
le Thalys ou
l’Eurostar…
Les premiers kilomètres sont avalés en Serbie. Le
paysage devient de plus en vert à mesure que nous montons vers
le nord. Les tresses de piments sèchent aux balcons ou sur les
façades. Nous arrivons à Niš (Ниш),
troisième ville du pays avec 175 000 hab. centre d’un
important complexe ferroviaire. La 441-532 laisse sa place à
la 514. Le tracé est à double voie sur une cinquantaine
de kilomètres avant de repasser à voie unique en
longeant la Morova. La vitesse est assez réduite comme sur
l’ensemble de l'ancien réseau des JŽ. A partir de Stalać
(Сталаћ), la ligne retrouve sa
deuxième voie. A Plana (Плана),
la ligne se divise en deux. Nous empruntons l’itinéraire nord
comme tous les trains se dirigeant vers Beograd, les autres passant
à une vingtaine de kilomètres au sud. Les
premières gares de banlieue sont passées et
déjà les boulevards avec les voies des tramways
apparaissent. Nous arrivons dans la capitale serbe avec vingt minutes
de retard. Le train 613 Lovćen que nous aurions
dû prendre pour Bar (Бар) ne roule pas (ou
plus). Le suivant, le 841 Panonija Subotica – Bar passe
par la gare de Novi Beograd située dans un quartier moderne de
l’autre côté de la Sava. Nous nous y rendons en taxi
dont le chauffeur ne parle qu’en euro (la course nous coûtera 7
€). Nous pouvons observer le manège des rames de banlieue que
l’ont peut assimiler à un R.E.R. Le train arrive pratiquement
à l’heure. Nous nous installons dans la voiture-lit T3, il
nous en coûtera 10 € chacun sans que l’on ait le moindre
reçu. La nuit se passe…
-
Arrivée
Départ
Train n°
Train dénommé
Km
Thessaloniki
(Θεσσαλουίκη)
-
8 h 02
410
OLYMPUS
630
Beograd / Novi Beograd
20 h 56
22 h 53
841
PANONIJA
468
Le train 410 "OLYMPUS" Thessaloniki/Ljubljana lors du
rebroussement à une vingtaine de kilomètres du point
de départ, la ligne directe étant en travaux -
10/2003 - Photo C. HESPEL.
Pour faire face au manque de machines diesel, les Grecs ont
loué aux BDZ des machines de série 07
(mécanos compris !). Idomeni - 10/2003 - Photo C. HESPEL.
C'est une machine électrique de série H563 qui
remplace la A477 pour nous conduire à la gare
frontière coté macédonien à Gevgelija
distante de seulement 3 kilomètres d'Idomeni... - 10/2003 -
Photo C. HESPEL.
le train 410 avec la 441-002 MŽà Skopje,
capitale de la Macédoine - 10/2003 - Photo G. MOSER.
Dernier échange de locomotive jusqu'à Beograd,
c'est la 441-514 des ŽSqui prend le relais en gare de Niš
- 05/2003 - Photo C. HESPEL.